Dividendes ou rémunération : combien vous reste-t-il vraiment ?
Pour sortir de l'argent de votre société, deux chemins : une rémunération, déductible mais chargée de cotisations, ou des dividendes, prélevés après l'impôt sur les sociétés puis soumis à la flat tax de 31,4 %. Le net qui arrive sur votre compte dépend de votre statut, de votre tranche d'imposition et, en SARL, de votre capital social. Voici les deux nets, avec ce que les dividendes n'achètent pas.
Vos chiffres
Net en poche : dividendesIS 20 750 € · PFU 24 885 €.Les dividendes laissent 14 267 € de plus en poche : 54 366 € contre 40 099 €. Mais ils n'ouvrent aucun droit à la retraite ni à la prévoyance, et la rémunération, déductible, a déjà réduit l'IS. Le bon dosage est souvent une rémunération jusqu'à valider quatre trimestres et une couverture, puis des dividendes.
- Cotisations en SAS (assimilé salarié)
- 42 % patronales + 22 % salariales du brut
- Cotisations en SARL (TNS)
- 45 % de la rémunération nette
- Abattement pour frais professionnels
- 10 %
- Impôt sur les sociétés
- 15 % jusqu’à 42 500 € (PME), puis 25 %
- Flat tax sur les dividendes
- 31,4 %
- SARL : dividendes au-delà de 10 % du capital
- assiette sociale abattue de 26 %
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Comment lire ce résultat
- Ce montant est le net sur votre compte avec la voie gagnante : après cotisations et impôt sur le revenu pour la rémunération, après IS et 31,4 % pour les dividendes.
- Il ne compte pas les droits que les cotisations achètent : trimestres de retraite, indemnités journalières, prévoyance ; les dividendes n'en ouvrent aucun.
- Comparez-le au net de l'autre voie : un écart faible en faveur des dividendes ne compense pas les droits sociaux perdus, les taux de cotisations étant des ordres de grandeur.
Le détail du calcul
les trois chiffres du résultat| Chiffre | Montant | Ce qu'il recouvre |
|---|---|---|
| Net en poche : rémunération | 40 099 € | Cotisations 45 070 € · IR 14 831 €. |
| Net en poche : dividendesvotre chiffre | 54 366 € | IS 20 750 € · PFU 24 885 €. |
| Écart | 14 267 € | En faveur des dividendes, hors droits sociaux. |
Et après
| Quand | Quoi |
|---|---|
| Avant de décider | Comptez ce que la rémunération achète : validation de trimestres (600 heures de SMIC pour 4 trimestres), indemnités journalières, prévoyance, retraite complémentaire. Les dividendes n'achètent rien de tout cela. |
| Rémunération | Bulletin de paie mensuel, DSN, cotisations payées par la société. Déductible du résultat : l'IS baisse d'autant. |
| Dividendes | Approbation des comptes puis décision de distribution en assemblée, dans les neuf mois de la clôture. Prélèvement du PFU à la source par la société, régularisé sur la 2042 (option barème possible, avec abattement de 40 % mais PS à 18,6 % sur le brut). |
| Chaque année | Le résultat change, la tranche marginale aussi : refaire le calcul. Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence, la CEHR et la contribution différentielle s'ajoutent. |
Information, pas un conseil : les montants sont des ordres de grandeur calculés à partir des textes cités, pas une consultation.
Barèmes et taux appliqués
fixés par les textes cités| Hypothèse | Valeur retenue | D'où elle vient |
|---|---|---|
| Cotisations en SAS (assimilé salarié) | 42 % patronales + 22 % salariales du brut | Ordre de grandeur, sans assurance chômage (URSSAF, taux 2026). |
| Cotisations en SARL (TNS) | 45 % de la rémunération nette | Ordre de grandeur (URSSAF, réforme de l’assiette sociale 2026). |
| Abattement pour frais professionnels | 10 % | CGI art. 83 3° |
| Impôt sur les sociétés | 15 % jusqu’à 42 500 € (PME), puis 25 % | CGI art. 219 |
| Flat tax sur les dividendes | 31,4 % | PFU 12,8 % (CGI art. 200 A) + prélèvements sociaux 18,6 % (LFSS 2026). |
| SARL : dividendes au-delà de 10 % du capital | assiette sociale abattue de 26 % | Art. L. 136-3 du code de la sécurité sociale. |
Comment c'est calculé
La méthode du site →- Rémunération : cotisations patronales et salariales forfaitaires en SAS, cotisations TNS forfaitaires en SARL, impôt sur le revenu à la tranche marginale après abattement de 10 %.
- Dividendes : IS à 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % (ou 25 % sur tout), PFU 12,8 % + prélèvements sociaux 18,6 %.
- SARL : cotisations TNS sur la fraction des dividendes supérieure à 10 % du capital social, calculées sur 74 % de cette fraction (abattement de 26 % de l'assiette sociale unique), sans prélèvements sociaux sur le capital pour cette fraction.
Ce que ça ne prend pas en compte
- Les taux de cotisations exacts, qui varient avec le niveau de revenu, la convention collective et les exonérations ; les planchers et plafonds de l'abattement de 26 % : le calcul donne des ordres de grandeur.
- La valeur des droits acquis (retraite, prévoyance, indemnités journalières) : rappelée, non chiffrée.
- L'option pour le barème progressif sur les dividendes, la CSG déductible, le prélèvement forfaitaire non libératoire et sa dispense.
- La CEHR, la contribution différentielle sur les hauts revenus, les primes d'émission et le compte courant dans le seuil de 10 %.
- Les dirigeants minoritaires de SARL, les professions libérales réglementées, les sociétés à l'IR.
Sources
Textes relus le 18 septembre 2026. Périmètre : Ordres de grandeur : cotisations SAS 42 % + 22 % du brut, TNS 45 % du net, IS 15 % / 25 %, PFU 31,4 %. Hors option barème, hors CEHR, hors droits sociaux chiffrés.
- Article 200 A du CGI (prélèvement forfaitaire unique) — Imposition des dividendes au taux forfaitaire de 12,8 %, option globale pour le barème progressif.
- Article 219 du CGI (taux de l'IS) — Taux normal de 25 %, taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € pour les PME.
- Article L. 136-3 du code de la sécurité sociale — Assiette sociale des travailleurs indépendants : « l'assiette […] fait l'objet d'un abattement de 26 % » (plancher et plafond par décret) ; part des dividendes excédant « 10 % d'un montant de référence constitué du capital social, primes d'émission incluses » et des sommes en compte courant. L'article L. 131-6 y renvoie.
- URSSAF, réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations des indépendants (2026) — Assiette unique pour cotisations et CSG-CRDS, abattement forfaitaire de 26 % encadré par un plancher et un plafond, taux 2026.
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) — Prélèvements sociaux sur les revenus du capital portés à 18,6 % : la flat tax passe de 30 % à 31,4 %.
- Article 224 du CGI et BOI-IR-CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus) — Impôt minimum de 20 % au-delà de 250 000 € de revenu de référence (500 000 € pour un couple), créé par la loi de finances pour 2025 et prorogé par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026.
Questions fréquentes
Pourquoi les cotisations ne sont-elles pas de l'argent perdu ?
Parce qu'elles achètent des droits : trimestres et points de retraite de base et complémentaire, indemnités journalières en cas d'arrêt, prévoyance invalidité-décès, et, pour l'assimilé salarié, une retraite complémentaire Agirc-Arrco souvent significative. Les dividendes n'ouvrent aucun de ces droits. À net égal, la rémunération vaut plus ; c'est pourquoi le raisonnement se fait sur le net et sur les droits, pas sur le net seul.
Pourquoi le résultat diffère-t-il entre SAS et SARL ?
Le président de SAS est assimilé salarié : cotisations élevées (environ 42 % patronales et 22 % salariales du brut, sans chômage) mais protection complète. Le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié : cotisations plus faibles (environ 45 % du net), protection plus légère. En revanche, ses dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d'émission et du compte courant entrent dans son assiette sociale (depuis 2026 : revenu brut abattu de 26 %, une seule base pour cotisations et CSG-CRDS), ce qui rend les dividendes peu attractifs en SARL faiblement capitalisée.
La flat tax ou le barème sur les dividendes ?
Le prélèvement forfaitaire unique est de 12,8 % plus 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026. L'option pour le barème progressif porte sur tous les revenus de capitaux de l'année, applique un abattement de 40 % sur les dividendes, rend une fraction de CSG déductible, mais les prélèvements sociaux restent dus sur le brut. Elle gagne pour les foyers non imposables ou à 11 %, rarement à 30 % et au-delà.
La rémunération n'est-elle pas plus chère à cause de l'impôt sur le revenu ?
Elle passe par le barème progressif après un abattement de 10 %, donc à votre tranche marginale, là où les dividendes subissent un taux fixe de 12,8 %. Mais la rémunération est déduite du résultat : elle économise 15 à 25 % d'IS que les dividendes paient. Dans une tranche à 30 %, le total reste comparable ; à 41 ou 45 %, les dividendes prennent l'avantage sur le net, pas sur les droits.
Quel dosage retenir en pratique ?
Une rémunération suffisante pour valider quatre trimestres de retraite (600 heures de SMIC en 2026) et disposer d'une couverture prévoyance, puis des dividendes pour le surplus, en gardant en tête que l'IS payé sur la partie distribuée est définitif. Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence (500 000 € pour un couple), la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et la contribution différentielle (impôt minimum de 20 %, prorogée par la loi de finances pour 2026) changent le calcul : les dividendes n'échappent plus au barème.
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Rendement net après IS de la trésorerie d'une holding selon l'enveloppe : compte à terme, contrat de capitalisation, fonds obligataires, titres.
Apport-cession
Impôt mis en report en apportant vos titres à une holding (150-0 B ter), montant à réinvestir (70 % en trois ans depuis 2026) et ce qui met fin au report.
Exit tax
Plus-value latente, impôt à 12,8 % plus prélèvements sociaux, ce qui est dû au départ, sursis et dégrèvement à deux ou cinq ans (art. 167 bis CGI).