Exit tax : combien au départ, et que se passe-t-il après ?
L'article 167 bis du CGI impose les plus-values latentes de vos titres le jour où vous quittez la France, si vous y avez été domicilié au moins 6 des 10 dernières années et si vos titres valent plus de 800 000 € ou représentent au moins 50 % d'une société. Dans la plupart des cas, rien n'est à payer au départ : l'impôt est mis en sursis, puis effacé si vous gardez vos titres. Voici le chiffre pour votre situation.
Vos chiffres
Impôt calculé (31,4 %)IR 12,8 % : 166 400 € · PS 18,6 % : 241 800 €Vous êtes concerné, mais vous ne payez rien au départ : le sursis est automatique vers ce pays. L'impôt de 408 200 € s'efface si vous gardez vos titres 2 ans.
- Impôt sur le revenu (prélèvement forfaitaire unique)
- 12,8 %
- Prélèvements sociaux, départ en 2026
- 18,6 %
- Seuil d'application
- > 800 000 € ou ≥ 50 %
- Dégrèvement d'office
- 2 ans, 5 ans au-delà de 2,57 M€
- Garanties du sursis sur demande
- 12,8 % de la plus-value
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Comment lire ce résultat
- Ce montant est l'impôt calculé sur vos plus-values latentes au jour du départ : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux pour un départ en 2026.
- Ce n'est pas ce que vous payez : avec le sursis, rien n'est versé au départ, et l'impôt s'efface après deux ou cinq ans si vous gardez les titres.
- Il ne concerne que les foyers domiciliés six des dix dernières années en France, dont les titres dépassent 800 000 € ou 50 % d'une société.
Le détail du calcul
les trois chiffres du résultat| Chiffre | Montant | Ce qu'il recouvre |
|---|---|---|
| Plus-value latente | 1 300 000 € | |
| Impôt calculé (31,4 %)votre chiffre | 408 200 € | IR 12,8 % : 166 400 € · PS 18,6 % : 241 800 € |
| À payer au départ | 0 € |
Et après
| Quand | Quoi |
|---|---|
| Avant le départ | Rien à demander. Fixez et documentez la valeur de vos titres à la date du transfert : c'est elle qui sert de base à tout le calcul. |
| L'année suivante | Déclaration 2074-ETD jointe à votre dernière déclaration de revenus française (2042 et 2042-C). L'impôt est établi, puis placé en sursis. |
| Chaque année | Tant que vous ne détenez que des plus-values latentes, aucune déclaration de suivi n'est due si rien ne bouge. Une cession, une donation, un retour ou un nouveau déménagement se déclarent l'année suivante sur la 2074-ETS3. |
| Après 2 ans | Dégrèvement d'office de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux si les titres sont toujours dans votre patrimoine. En cas de vente avant ce terme, l'impôt devient exigible, recalculé sur la plus-value réelle si elle est plus faible, et l'impôt payé dans le pays d'accueil sur la même plus-value s'impute dans la limite de l'impôt français. |
Information, pas un conseil : les montants sont des ordres de grandeur calculés à partir des textes cités, pas une consultation.
Barèmes et taux appliqués
fixés par les textes cités| Hypothèse | Valeur retenue | D'où elle vient |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (prélèvement forfaitaire unique) | 12,8 % | CGI art. 167 bis et 200 A |
| Prélèvements sociaux, départ en 2026 | 18,6 % | Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) ; notice 2074-ETD 2026. 17,2 % pour un départ en 2025. |
| Seuil d'application | > 800 000 € ou ≥ 50 % | CGI art. 167 bis I : valeur globale des titres qui excède 800 000 €, ou participation d’au moins 50 % des bénéfices d’une société. |
| Dégrèvement d'office | 2 ans, 5 ans au-delà de 2,57 M€ | CGI art. 167 bis VII-2 (loi de finances pour 2019). |
| Garanties du sursis sur demande | 12,8 % de la plus-value | CGI art. 167 bis V-1 b (part impôt sur le revenu). |
Comment c'est calculé
La méthode du site →- Plus-values latentes sur des titres détenus en direct par le foyer fiscal.
- Conditions d'entrée : domicile en France au moins 6 des 10 dernières années, valeur globale supérieure à 800 000 € ou participation d'au moins 50 %.
- Impôt sur le revenu au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % et prélèvements sociaux de 18,6 % pour un départ en 2026 (17,2 % pour un départ en 2025).
- Sursis de plein droit ou sur demande selon le pays de destination, garanties à 12,8 % pour l'impôt sur le revenu, dégrèvement après 2 ans ou 5 ans (au-delà de 2,57 M€).
Ce que ça ne prend pas en compte
- L'option pour le barème progressif et les abattements pour durée de détention des titres acquis avant 2018.
- La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 % et 4 %) et la contribution différentielle, qui peuvent s'ajouter.
- Les créances de complément de prix et les plus-values déjà en report d'imposition (apport-cession), imposables au départ selon d'autres règles.
- Les moins-values latentes : elles ne sont pas imputables, la plus-value est simplement nulle.
- Les États non coopératifs (pas de sursis de plein droit), les collectivités d'outre-mer sans prélèvements sociaux, les conventions fiscales particulières. Les titres détenus dans un PEA, les parts de FCP et actions de SICAV sont hors champ et ne doivent pas être saisis.
- L'évaluation des titres non cotés : le simulateur prend la valeur que vous saisissez.
Sources
Textes relus le 18 septembre 2026. Périmètre : Titres détenus en direct, PFU 12,8 % + prélèvements sociaux 18,6 % (départ en 2026). Hors option barème, hors situations conventionnelles particulières ; PEA, FCP et SICAV hors champ.
- Article 167 bis du code général des impôts — I (champ d'application et seuils), IV (sursis de plein droit), V (sursis sur demande, garanties de 12,8 %), VII (dégrèvement à 2 ou 5 ans, retour en France), VIII (imputation de l'impôt étranger).
- BOI-RPPM-PVBMI-50 et BOI-RPPM-PVBMI-50-10 — Doctrine administrative sur les plus-values latentes : BOI-RPPM-PVBMI-50-10-20 (titres concernés et exclus : PEA, FCP, SICAV), BOI-RPPM-PVBMI-50-10-30 (modalités d'imposition et sursis, § 40 à 70 pour le sursis de plein droit, § 80 à 320 pour le sursis sur demande, § 370 à 430 pour la fin du sursis) et BOI-RPPM-PVBMI-50-10-50 (obligations déclaratives). Versions de 2012-2013, antérieures à la réforme de 2019 : pour les délais de 2 et 5 ans et le suivi annuel, la loi et la notice ci-dessous font foi.
- Formulaire 2074-ETD et sa notice, millésime 2026 — Déclaration des plus-values au titre du transfert de domicile fiscal ; la notice détaille les taux (18,6 % de prélèvements sociaux pour les départs de 2026), les garanties, les cas de dégrèvement et le suivi sur 2074-ETS3.
- Loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019, article 112 — Délais de dégrèvement ramenés à 2 ans, ou 5 ans au-delà de 2,57 M€, et extension du sursis de plein droit aux États conventionnés.
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 — CSG sur les revenus du patrimoine et produits de placement portée de 9,2 % à 10,6 % (art. L. 136-8 du code de la sécurité sociale) : prélèvements sociaux à 18,6 % au lieu de 17,2 % pour les plus-values mobilières, y compris l'exit tax.
Questions fréquentes
Dois-je vraiment payer 31,4 % au départ ?
Non, dans la plupart des cas. Si vous partez dans un État de l'Union européenne ou dans un État qui a signé avec la France une convention d'assistance administrative et une convention d'assistance au recouvrement (hors États non coopératifs), le sursis de paiement est de plein droit : l'impôt est calculé, déclaré, puis suspendu sans rien verser. Ailleurs, il faut le demander avant le départ, désigner un représentant fiscal en France et proposer des garanties : le texte les fixe à 12,8 % de la plus-value (la part impôt sur le revenu), mais le service des impôts des non-résidents demande en pratique qu'elles couvrent aussi les prélèvements sociaux. L'ancienne dispense de garanties pour départ professionnel a disparu du texte depuis 2019 : les États où elle jouait relèvent désormais du sursis de plein droit. Sans sursis, l'impôt est dû dès son établissement, sans attendre la vente des titres.
Que se passe-t-il si je vends avant la fin du délai ?
Le sursis prend fin pour les titres vendus, et l'impôt correspondant devient exigible l'année suivante, déclaré sur la 2074-ETS3. Deux correctifs jouent en votre faveur : si le prix de vente est inférieur à la valeur retenue au départ, l'impôt est recalculé sur la plus-value réelle ; et l'impôt payé dans votre pays d'accueil sur cette même plus-value s'impute sur l'impôt français, dans la limite de celui-ci. Un échange ou un apport de titres placé en report (articles 150-0 B et 150-0 B ter) ne met pas fin au sursis, à condition de conserver les titres reçus.
Le seuil de 800 000 € est-il par titre ou global ?
Global. On additionne la valeur, à la date du transfert, de tous les titres et droits sociaux détenus par les membres du foyer fiscal, directement ou par sociétés interposées, français ou étrangers. Le seuil doit être dépassé : à 800 000 € exactement, vous n'êtes pas dans le champ. La seconde condition, la participation d'au moins 50 % des bénéfices sociaux, s'apprécie société par société et suffit à elle seule, quelle que soit la valeur.
Et si je reviens en France ?
Le retour en France efface l'impôt sur les plus-values latentes des titres que vous détenez encore à cette date : dégrèvement d'office si l'impôt était en sursis, restitution si vous l'aviez payé. Vous le signalez sur la déclaration 2074-ETS3 déposée l'année suivant le retour. Pour la suite, ces titres retrouvent leur régime habituel : la plus-value future se calcule depuis le prix d'acquisition d'origine.
Une donation avant le départ évite-t-elle l'exit tax ?
Elle la purge : les titres donnés sortent de votre patrimoine, et le donataire les reçoit avec pour prix de revient leur valeur au jour de la donation, ce qui efface la plus-value latente. Mais elle déclenche des droits de donation, calculés sur la valeur des titres après abattements (100 000 € par enfant tous les quinze ans) et selon le barème de l'article 777 du CGI. C'est un arbitrage à chiffrer : d'un côté un impôt qui s'efface de toute façon après deux ou cinq ans si vous gardez les titres, de l'autre des droits payés définitivement. Une donation faite après le départ entraîne aussi le dégrèvement de l'impôt en sursis : de plein droit si vous résidez dans un État de l'Union européenne ou conventionné, et, ailleurs, à condition de démontrer que la donation n'a pas pour motif principal d'éluder l'impôt (art. 167 bis, VII 1 b).
Simulateurs liés
Tous les simulateurs →Droits de donation
Droits de donation selon le lien de parenté : abattements (100 000 € par enfant), barème de l'article 777 du CGI, rappel des quinze ans.
Apport-cession
Impôt mis en report en apportant vos titres à une holding (150-0 B ter), montant à réinvestir (70 % en trois ans depuis 2026) et ce qui met fin au report.
Dividendes ou rémunération
Dividendes ou salaire pour un dirigeant de SAS ou de SARL : impôt sur les sociétés, flat tax ou barème, cotisations sociales, et ce qui reste net.