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Naissance d'un enfant : quelle épargne ouvrir, et à quel nom

Une naissance change deux choses dans une épargne : il y a désormais quelqu'un à qui transmettre, et un horizon de dix-huit ans qui s'ouvre. La première décision n'est pas un placement, c'est une ligne dans un contrat existant. Les suivantes tiennent à une question que l'on oublie souvent : à quel nom ?

La question

Un enfant vient de naître, et avec lui deux questions qui n'ont pas la même urgence. La première : que devient l'épargne existante s'il vous arrive quelque chose ? La seconde : comment mettre de côté pour lui, sur dix-huit ans, sans se tromper d'enveloppe ni de nom sur le contrat ?

Ce guide applique le raisonnement de choisir son enveloppe à ce moment-là. La quatrième question de l'arbre de décision, « y a-t-il quelqu'un à qui transmettre ? », vient de changer de réponse.

Ce qui compte à ce moment-là

La clause bénéficiaire. Une assurance-vie transmet hors succession à la personne désignée dans la clause, avec 152 500 € exonérés par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. La clause standard, « mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales », couvre le nouveau-né sans rien changer. Une clause qui nomme des personnes, ou qui a été rédigée pour un premier enfant, ne le couvre pas. Elle se modifie par simple lettre ou en ligne, sans frais. Notre page clause bénéficiaire détaille les formulations.

Le nom sur le contrat. L'argent placé au nom d'un mineur lui appartient. Les parents l'administrent jusqu'à sa majorité, puis il en dispose. C'est un choix, pas une évidence : une épargne au nom des parents, avec l'enfant en bénéficiaire, reste sous leur contrôle et se transmet avec le même avantage fiscal.

L'horizon. Dix-huit ans, c'est le long terme : assez pour que les unités de compte aient un sens, assez pour qu'un quart de point de frais se voie. Et c'est une durée qui dépasse le compteur de huit ans de l'assurance-vie : un contrat ouvert à la naissance a son abattement disponible bien avant les études.

Les abattements de donation. Ils existent dès la naissance : 100 000 € par parent et par enfant tous les quinze ans (article 779 du CGI), 31 865 € par grand-parent (article 790 B). Un abattement utilisé à la naissance se reconstitue à 15 ans, puis à 30. Personne n'est obligé de s'en servir tôt ; il faut savoir qu'il est là.

L'ordre des décisions

  1. Relire la clause bénéficiaire de chaque contrat. Le vôtre, celui de l'autre parent, et les PER, qui ont aussi une clause. Vérifier « nés ou à naître ». Prévoir un dernier rang « à défaut mes héritiers ». Pour un couple non marié, désigner nommément le partenaire : « mon conjoint » exclut le partenaire de PACS et le concubin.
  2. Ouvrir un Livret A au nom de l'enfant. Un par personne, dès la naissance, plafonné à 22 950 €, sans impôt ni prélèvements sociaux, disponible. C'est la place des cadeaux de naissance et des petites sommes. Ce n'est pas la place d'une épargne de dix-huit ans : le taux est administré, et il n'y a pas de capitalisation à long terme.
  3. Choisir le nom du contrat d'assurance-vie. Au nom de l'enfant, le contrat prend date tout de suite et les sommes sont à lui ; un pacte adjoint signé au moment d'un don peut en encadrer l'usage jusqu'à 25 ans. Au nom d'un parent, avec l'enfant en bénéficiaire, vous gardez les rachats et l'allocation ; c'est aussi l'enveloppe qui transmet le mieux si l'un de vous disparaît. Les deux se combinent.
  4. Prendre un contrat sans frais sur versement, puis programmer. Les critères ne changent pas : 0 % sur versement, 0 % d'arbitrage, 0,50 à 0,60 % de gestion sur les unités de compte. Linxea Avenir 2 démarre à 100 € puis 25 € par mois, Fortuneo Vie à 100 € puis 50 €, Linxea Spirit 2 à 500 € puis 100 €. Un versement programmé de quelques dizaines d'euros, oublié pendant dix-huit ans, vaut plus qu'un gros versement remis chaque année.
  5. Dire aux grands-parents ce qui existe. Un don manuel de 31 865 € par grand-parent, déclaré en ligne dans le mois, sans droits et sans notaire. Un présent d'usage pour les anniversaires, proportionné aux revenus du donateur, n'est ni déclaré ni rappelé. Notre simulateur de droits de donation donne le coût au-delà des abattements.
  6. Laisser le PER de côté. Il est fermé aux mineurs depuis le 1er janvier 2024, et il n'aurait aucun sens : la déduction ne vaut que pour quelqu'un qui paie l'impôt. Le plan d'épargne avenir climat, créé par la loi du 23 octobre 2023, le remplace pour les moins de 21 ans ; il n'est pas dans notre base.

Les pièges

Le livret comme seule épargne pendant dix-huit ans. Il est fait pour la disponibilité, pas pour la durée. Sur dix-huit ans, la capitalisation d'un contrat en unités de compte, même prudent, fait la différence ; le livret garde les cadeaux et l'argent de poche.

Le « plan épargne enfant » de la banque. C'est un contrat d'assurance-vie ordinaire, souvent au tarif du contrat bancaire type de notre base : 2 % sur chaque versement, 0,75 % de gestion, 0,50 % par arbitrage. Sur 50 € par mois pendant dix-huit ans, il finit 514 € derrière un contrat en ligne à 0,60 %, d'après notre simulateur, pour 10 800 € versés.

Donner sans garder de contrôle. Un contrat au nom de l'enfant est à lui à 18 ans. Sans pacte adjoint, rien n'empêche qu'il soit dépensé le lendemain de la majorité. Le pacte se rédige au moment du don ; il ne s'ajoute pas après.

La clause oubliée. Un contrat qui nomme un premier enfant et pas le second, un contrat qui désigne un ex-conjoint : ce sont les erreurs les plus coûteuses et les plus faciles à corriger. Une lettre suffit.

La gestion pilotée à 1,60 %. Sur dix-huit ans, un point de frais par an sur un contrat piloté contre 0,50 à 0,60 % en gestion libre pèse plus que tout ce que la délégation peut apporter sur un versement programmé. Notre duel gestion libre ou pilotée tranche.

Un exemple chiffré : 50 € par mois jusqu'aux 18 ans

Un versement programmé de 50 € par mois, de la naissance aux 18 ans, à 4 % brut par an, à 100 % en unités de compte, d'après notre simulateur de versements programmés et les frais réels des contrats de la base :

ContratFraisVerséCapital à 18 ansFrais prélevés
Linxea Avenir 20 % / 0,60 %10 800 €14 907 €728 €
Fortuneo Vie0 % / 0,75 %10 800 €14 687 €901 €
Contrat bancaire type2 % / 0,75 %10 800 €14 393 €1 099 €
Sans aucun frais10 800 €15 832 €0 €

Les 4 107 € de gains sur le meilleur contrat représentent 38 % des versements. Le contrat bancaire type coûte 514 € de plus, soit près d'un an de versements, sans rien apporter de plus. À 100 € par mois, le même contrat à 0,60 % atteint 34 395 € en vingt ans.

Si un grand-parent ajoute un don de 10 000 € à la naissance sur le même contrat, la somme est couverte par son abattement de 31 865 € et part capitaliser dix-huit ans ; les gains, à 4 %, dépasseraient la mise initiale. Le taux de 4 % est l'hypothèse des simulateurs, pas une garantie : les unités de compte peuvent baisser, et une allocation à dix-huit ans se sécurise progressivement à l'approche de l'échéance, par des arbitrages gratuits sur un contrat à 0 % d'arbitrage.

Pour aller plus loin

Le simulateur de versements programmés refait le calcul avec votre mensualité et la durée qui vous sépare de la majorité ou des études. Le simulateur de droits de donation chiffre un don au-delà des abattements, et le simulateur de succession ce que la clause bénéficiaire vaut.

Pour lire ensuite : rédiger la clause bénéficiaire, ouvrir un contrat en ligne, les ETF en assurance-vie pour l'allocation d'un contrat à dix-huit ans, et choisir son enveloppe. Les termes sont dans le lexique.

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Questions fréquentes

Vaut-il mieux ouvrir l'assurance-vie au nom de l'enfant ou au mien ?
Au nom de l'enfant, le contrat prend date dès la naissance et les sommes lui appartiennent : à 18 ans, il en dispose librement, sauf pacte adjoint qui peut repousser la libre disposition jusqu'à 25 ans. Au nom d'un parent, avec l'enfant désigné comme bénéficiaire, vous gardez la main sur les rachats et l'allocation, et la transmission se fait hors succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire. Beaucoup de familles font les deux : un petit contrat à son nom, l'épargne principale au nom des parents.
Un enfant peut-il avoir un PER ?
Non, plus depuis le 1er janvier 2024 : la loi industrie verte du 23 octobre 2023 a fermé le PER aux mineurs et créé à la place le plan d'épargne avenir climat, réservé aux moins de 21 ans, plafonné comme le Livret A et exonéré d'impôt. Le PER n'avait d'ailleurs aucun sens pour un enfant : la déduction ne vaut que pour quelqu'un qui paie l'impôt.
Les grands-parents peuvent-ils donner sans droits ?
Oui : 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant tous les quinze ans (article 790 B du CGI), en plus des 100 000 € de chaque parent. Le don familial de sommes d'argent de l'article 790 G, lui aussi de 31 865 €, exige un bénéficiaire majeur : il attendra les 18 ans de l'enfant. Un don manuel se déclare en ligne dans le mois, sans notaire.