Investir en ETF dans une assurance-vie : le pas à pas
Quelques ETF, un contrat en ligne à frais bas et un rééquilibrage par an suffisent à construire une allocation complète. Ce pas à pas explique comment choisir le contrat, lire la fiche d'un ETF, fixer la répartition selon votre horizon, passer les ordres et rééquilibrer, avec les calculs.
Ce pas à pas suppose que vous savez ce qu'est un ETF, un fonds coté qui reproduit un indice. Sinon, commencez par le guide les ETF expliqués : ce qu'un ETF copie, ce qu'il coûte, pourquoi il fait souvent mieux que les fonds gérés activement. Les exemples chiffrés ci-dessous illustrent une méthode. Ils ne constituent pas un conseil adapté à votre situation.
Pourquoi loger des ETF dans une assurance-vie
Un ETF peut se détenir dans quatre enveloppes : l'assurance-vie, le plan d'épargne en actions (PEA), le plan d'épargne retraite (PER) et le compte-titres. L'assurance-vie a trois atouts pour un portefeuille que l'on rééquilibre.
Aucun impôt tant que l'argent reste dans le contrat. L'imposition n'intervient qu'en cas de rachat (service-public.gouv.fr, fiche F22414). Vendre un ETF en hausse pour en acheter un autre est un arbitrage. Il ne déclenche ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux.
Pas de plafond de versement. Le PEA est plafonné à 150 000 € de versements et n'accepte que les fonds investis au moins à 75 % en actions de sociétés européennes (service-public.gouv.fr, fiche F2385). L'assurance-vie accepte tous les ETF de son catalogue, y compris ceux qui ne sont pas éligibles au PEA.
Une fiscalité allégée après huit ans. Sur les gains rachetés, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, puis 7,5 % d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Le guide racheter son contrat détaille ces calculs.
Sur un compte-titres, chaque vente en gain est imposée l'année même. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) y applique 12,8 % d'impôt sur le revenu, plus des prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026 sur les revenus de placement du cas général (service-public.gouv.fr, fiche F2329). Rééquilibrer y coûte donc de l'impôt à chaque fois.
La contrepartie de l'assurance-vie est double. Le contrat prélève ses propres frais chaque année. Et comme toute unité de compte (UC), un ETF n'est pas garanti : l'assureur garantit le nombre de parts, pas leur valeur (service-public.gouv.fr, fiche F15274).
Ce que coûte un ETF dans un contrat
Deux couches de frais s'additionnent chaque année.
- Les frais de gestion du contrat sur les UC, prélevés par l'assureur sur la valeur de vos parts.
- Les frais courants de l'ETF, prélevés par le gérant du fonds et déjà déduits du prix de la part. Ils figurent dans le document d'informations clés (DIC) de l'ETF.
Pour situer les ordres de grandeur, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a publié les frais moyens des fonds français en 2025. Les ETF d'actions affichaient 0,33 % par an. Les fonds d'actions indiciels non cotés, 0,75 %. Les fonds d'actions gérés activement, 1,37 % de frais totaux.
Exemple sur 50 000 € placés, avec un contrat qui prélèverait 0,50 % par an sur les UC (hypothèse) :
- ETF au coût moyen de l'AMF : 0,50 % + 0,33 % = 0,83 %, soit 415 € la première année ;
- fonds actif au coût moyen de l'AMF : 0,50 % + 1,37 % = 1,87 %, soit 935 € la première année.
L'écart de 520 € se répète chaque année et grandit avec le capital. C'est pourquoi le choix du contrat et le choix du fonds pèsent autant l'un que l'autre.
Les trois étages de frais d'une assurance-vie
- Sur chaque versementUn pourcentage retenu avant investissement. Nul chez la plupart des contrats en ligne, jusqu’à plusieurs points en agence.
- Sur l’encours, chaque annéeLes frais de gestion du contrat : un pourcentage du capital, prélevé que le support monte ou baisse.
- Dans le supportLes frais courants du fonds ou de l’ETF, déjà déduits de sa valeur de part : invisibles sur votre relevé.
- Ce qui vous resteLe rendement brut du support moins la somme des trois. C’est ce chiffre qui compte sur vingt ans.
Étape 1 : choisir le contrat
Cinq critères suffisent, dans cet ordre.
- Les frais de gestion sur les UC. C'est le coût qui s'applique chaque année à tout le portefeuille d'ETF.
- Les frais d'arbitrage. À 0 %, le rééquilibrage annuel est gratuit.
- Les frais sur versement. Ils amputent chaque euro versé avant même qu'il soit investi.
- La présence des ETF dont vous avez besoin. Un ETF actions monde large et, si vous en voulez, un ETF obligataire. Le nombre total d'ETF au catalogue compte moins qu'on ne le croit.
- Le fonds euros, si vous comptez l'utiliser comme poche prudente : ses frais de gestion et son rendement.
Les tableaux suivants comparent quatre contrats en ligne, avec les données de notre base. Les frais les plus bas de chaque ligne sont mis en valeur.
| Critère | Linxea Spirit 2 | Lucya Cardif |
|---|---|---|
| Assureur | Spirica (Crédit Agricole Assurances) | BNP Paribas Cardif |
| Frais sur versement | 0,00 % | 0,00 % |
| Frais de gestion UC | 0,50 % | 0,50 % |
| Frais de gestion fonds euros | 2,00 % | 0,70 % |
| Fonds euros | 3,08 % (2025) | 2,75 % (2025) |
| Supports · ETF · SCPI | 1100 · 207 · 15 | 2300 · 50 · 0 |
| SCPI : loyers reversés | 100 % | n.c. |
| Versement initial minimum | 500 € | 500 € |
n.c. : non communiqué par le produit
| Critère | Placement-direct Vie | Fortuneo Vie |
|---|---|---|
| Assureur | Swiss Life | Suravenir (Crédit Mutuel Arkéa) |
| Frais sur versement | 0,00 % | 0,00 % |
| Frais de gestion UC | 0,50 % | 0,75 % |
| Frais de gestion fonds euros | 0,60 % | 3,00 % |
| Fonds euros | 1,90 % (2025) | 3,00 % (2025) |
| Supports · ETF · SCPI | 1300 · 57 · 14 | 200 · 10 · 3 |
| SCPI : loyers reversés | n.c. | 85 % |
| Versement initial minimum | 500 € | 100 € |
n.c. : non communiqué par le produit
Ces quatre contrats ne sont pas les seuls. Le classement des assurances-vie note tous les contrats de notre comparatif, et le simulateur de frais calcule ce que chacun vous coûterait avec vos montants.
Certains contrats font aussi payer chaque achat et chaque vente d'ETF. C'est le cas de Lucya by AXA, qui prélève 0,10 % à chaque opération. Ces frais comptent pour qui rééquilibre souvent.
Avec vos chiffresFrais assurance-vieCe guide explique le mécanisme ; le simulateur le chiffre avec vos montants, et montre chaque étape.Ouvrir le simulateurÉtape 2 : lire la fiche d'un ETF
Chaque ETF a un DIC, en général accessible depuis la fiche du support dans votre espace client. Notre guide lire un DIC le décrypte en détail. Pour un ETF, six informations suffisent.
- L'indice suivi. Un indice large, comme un indice actions monde, répartit le risque sur des centaines d'entreprises. Un indice sectoriel ou d'un seul pays le concentre.
- Les frais courants. Comparez-les entre ETF qui suivent le même indice.
- Capitalisant ou distribuant. Un ETF capitalisant réinvestit les dividendes dans le fonds. Dans un contrat, c'est souvent le plus simple, car rien ne sort du fonds.
- La méthode de réplication. Physique, l'ETF détient les titres de l'indice. Synthétique, il obtient la performance de l'indice par un contrat d'échange avec une banque.
- La devise et la couverture de change. Un ETF actions monde est exposé au dollar. Certaines parts dites couvertes neutralisent ce risque de change. Comparez alors leurs frais courants.
- L'indicateur de risque, noté de 1 à 7 dans le DIC. Il résume la volatilité passée du fonds.
Écartez les ETF à effet de levier ou inverses. Ils multiplient ou inversent la variation quotidienne d'un indice. Sur plusieurs mois, leur trajectoire s'écarte de celle de l'indice. Ce sont des outils de court terme, pas des placements.
Étape 3 : fixer la répartition selon l'horizon
La répartition entre actions et supports prudents compte plus que le choix de l'ETF. Elle dépend de deux questions : dans combien d'années aurez-vous besoin de cet argent, et quelle baisse pouvez-vous voir sans vendre ?
Un test simple aide à répondre. Supposons une baisse de 30 % des actions, et des supports prudents stables. Sur 50 000 € :
| Répartition actions / prudent | Baisse du portefeuille | Perte sur 50 000 € |
|---|---|---|
| 80 % / 20 % | 30 % × 80 % = 24 % | 12 000 € |
| 50 % / 50 % | 30 % × 50 % = 15 % | 7 500 € |
| 20 % / 80 % | 30 % × 20 % = 6 % | 3 000 € |
n.c. : non communiqué par le produit
Trois profils types illustrent la logique.
- Un épargnant de 35 ans qui prépare un projet à vingt ans peut encaisser une forte baisse temporaire, puisqu'il ne vendra pas avant longtemps. Une part élevée d'actions est cohérente avec son horizon, s'il accepte de voir 12 000 € de moins sur son relevé une année donnée.
- Un couple qui prévoit un achat dans cinq à huit ans a moins de temps pour attendre une reprise. Une répartition plus équilibrée limite le risque de devoir vendre au mauvais moment.
- Un retraité qui retire déjà une somme chaque année a besoin de stabilité sur la part qu'il va retirer bientôt. Les sommes prévues pour les prochaines années peuvent rester sur la poche prudente, le reste en actions.
Dans tous les cas, ce qui fait échouer une allocation est rarement le mauvais ETF. C'est la vente pendant une baisse.
Étape 4 : la poche prudente, fonds euros ou ETF obligataire
La partie prudente peut prendre deux formes.
Le fonds euros. Le capital est garanti par l'assureur, net des frais de gestion. Son rendement est annoncé chaque année. Ses intérêts supportent les prélèvements sociaux chaque année. Le guide fonds euros explique son fonctionnement.
Un ETF obligataire. Il n'est pas garanti. Sa valeur baisse quand les taux d'intérêt montent. Ses frais courants figurent dans son DIC.
Le choix se lit dans les tableaux de l'étape 1. Comparez le taux servi du fonds euros, et non ses frais de gestion : ce taux est publié une fois ces frais retirés. Si le fonds euros est bien rémunéré, il remplace souvent l'ETF obligataire, avec la garantie en plus.
Étape 5 : passer les ordres dans le contrat
Dans une assurance-vie, vous n'achetez pas un ETF en bourse vous-même. Vous demandez à l'assureur d'affecter un versement ou un arbitrage à ce support.
- Au versement, indiquez la répartition entre les supports.
- Pour un versement programmé, vérifiez que le contrat accepte les ETF choisis dans ce cadre. Certains le limitent à une liste de supports.
- Pour un arbitrage, indiquez les supports à vendre et à acheter, en montant ou en pourcentage.
Le contrat fixe la date de valeur à laquelle l'ordre est exécuté. Vous ne choisissez pas le cours à la seconde près, comme sur un compte-titres. Certains contrats imposent aussi un montant minimum par support. Lisez les conditions générales.
Étape 6 : rééquilibrer une fois par an
Avec le temps, les actions et la poche prudente évoluent différemment. La répartition s'éloigne de la cible. Rééquilibrer, c'est vendre ce qui a dépassé sa part pour racheter ce qui est en dessous.
Exemple, avec une cible de 70 % d'ETF actions et 30 % de fonds euros, sur 50 000 € :
- Au départ : 35 000 € d'ETF actions et 15 000 € de fonds euros.
- Un an plus tard, les actions ont pris 20 % et le fonds euros 2 % (hypothèses) : 42 000 € et 15 300 €, soit 57 300 €.
- Cible actions : 57 300 € × 70 % = 40 110 €.
- Arbitrage : vendre 42 000 € − 40 110 € = 1 890 € d'ETF actions, et les placer sur le fonds euros, qui passe à 17 190 €.
Cet arbitrage ne coûte rien en impôt, puisque rien ne sort du contrat. Il ne coûte rien en frais si le contrat applique 0 % sur les arbitrages.
Trois règles de conduite :
- rééquilibrez à date fixe, par exemple chaque janvier, sans regarder l'actualité ;
- ne rééquilibrez que si l'écart dépasse quelques points, pour éviter les opérations inutiles ;
- utilisez vos nouveaux versements pour rééquilibrer : versez sur la poche en retard plutôt que de vendre l'autre.
Ce que coûte la gestion pilotée en comparaison
La gestion pilotée confie ces étapes à un gérant, contre des frais plus élevés. Le tableau suivant compare un contrat en gestion libre et un contrat en gestion pilotée d'ETF. Pour Yomoni Vie, notre base retient les frais du contrat et du mandat de gestion. Les frais des ETF s'y ajoutent, comme en gestion libre.
| Critère | Linxea Spirit 2 | Yomoni Vie |
|---|---|---|
| Assureur | Spirica (Crédit Agricole Assurances) | Suravenir (Crédit Mutuel Arkéa) |
| Frais sur versement | 0,00 % | 0,00 % |
| Frais de gestion UC | 0,50 % | 1,30 % |
| Frais de gestion fonds euros | 2,00 % | 3,00 % |
| Fonds euros | 3,08 % (2025) | 3,00 % (2025) |
| Supports · ETF · SCPI | 1100 · 207 · 15 | n.c. · n.c. · n.c. |
| SCPI : loyers reversés | 100 % | n.c. |
| Versement initial minimum | 500 € | 1 000 € |
n.c. : non communiqué par le produit
Pour mesurer l'effet d'un point de frais, prenons des hypothèses simples : 50 000 € placés vingt ans, 5 % de rendement brut par an, frais prélevés chaque année sur la valeur atteinte.
- Frais totaux de 0,8 % : 50 000 € × (1,05 × 0,992)^20 = 112 977 €.
- Frais totaux de 1,8 % : 50 000 € × (1,05 × 0,982)^20 = 92 254 €.
L'écart atteint 20 723 €. Ce point de frais paie un service réel : le choix de l'allocation, le rééquilibrage, et surtout une discipline qui évite de vendre pendant une baisse. Pour un épargnant qui sait qu'il réagirait mal à une chute des marchés, ce service peut valoir son prix. La page gestion libre ou pilotée compare les deux approches, et le simulateur du coût des placements refait le calcul avec vos montants.
Les erreurs fréquentes
- Choisir l'ETF avant le contrat. Un ETF très bon marché dans un contrat cher reste un placement cher.
- Empiler des indices qui se recouvrent. Un ETF actions monde contient déjà une large part d'actions américaines. Y ajouter un ETF américain concentre le risque au lieu de le répartir.
- Laisser l'allocation par défaut. À l'ouverture, certains contrats placent tout sur le fonds euros ou sur un fonds maison. Fixez vous-même la répartition.
- Arbitrer au gré de l'actualité. Chaque réaction à une baisse risque de vendre bas et de racheter haut.
- Oublier la clause bénéficiaire. Elle se rédige à l'ouverture et se relit à chaque changement de vie. Voir notre guide sur la clause bénéficiaire.
Pour aller plus loin
Le guide les ETF expliqués présente les indices, la réplication et les enveloppes. Le guide unités de compte détaille les risques et les frais des supports non garantis. Pour choisir le contrat, partez du classement des assurances-vie et du simulateur de frais. Les sigles sont définis dans le lexique.
Sources
Textes et données consultés le 24 septembre 2026.
- Service-public.gouv.fr, fiche F22414 — Imposition de l'assurance-vie uniquement en cas de rachat, abattement après huit ans, prélèvements sociaux de 17,2 %.
- Service-public.gouv.fr, fiche F15274 — Unités de compte : seul le nombre de parts est garanti, pas leur valeur.
- Service-public.gouv.fr, fiche F2385 — PEA : plafond de 150 000 €, fonds investis au moins à 75 % en actions européennes.
- Service-public.gouv.fr, fiche F2329 — Prélèvements sociaux en 2026 : 18,6 % sur les revenus de placement du cas général, 17,2 % maintenus sur l'assurance-vie.
- AMF, La lettre de l'Observatoire de l'épargne n° 65, avril 2026 — Frais moyens 2025 des fonds français : 0,33 % pour les ETF d'actions, 0,75 % pour les fonds d'actions indiciels non cotés, 1,37 % de frais totaux pour les fonds d'actions actifs.
Questions fréquentes
Combien d'ETF faut-il ?
Les dividendes des ETF sont-ils imposés dans une assurance-vie ?
Peut-on perdre de l'argent avec des ETF en assurance-vie ?
Vaut-il mieux un PEA ou une assurance-vie pour des ETF ?

Vincent Albert · Rédacteur à Savoir Placer. Épargnant, pas conseiller.
Guide mis à jour le 24 septembre 2026 ; relu à chaque changement de règle ou de grille tarifaire.
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Vincent Albert a cofondé en 2013 HAVA3D, une entreprise d'impression 3D du Mans. Il l'a dirigée jusqu'à sa cession au fonds APICAP, en 2019. Notre méthode.
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