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Premier salaire : par où commencer à épargner

Le premier salaire pose une question simple à laquelle personne ne répond clairement : par quoi commencer ? La réponse tient en trois gestes, dans un ordre précis, et elle ne dépend presque pas du montant. Ce qui compte à ce moment-là, c'est le temps devant soi et la date à laquelle les compteurs fiscaux se mettent à tourner.

La question

Un premier salaire arrive, les charges fixes sont posées, et il reste quelque chose à la fin du mois. Où le mettre ? La banque propose son livret, son contrat d'assurance-vie et parfois son plan d'épargne logement ; un collègue parle de PEA ; une publicité parle de PER. La question derrière toutes les autres est celle de l'ordre : que faut-il faire en premier, et qu'est-ce qui peut attendre ?

Ce guide déroule l'ordre des décisions pour quelqu'un qui débute avec une tranche marginale d'imposition à 0 ou 11 %, quelques dizaines ou centaines d'euros par mois, et aucun projet daté. Le raisonnement général est dans choisir son enveloppe ; ici, il est appliqué à ce moment précis.

Ce qui compte à ce moment-là

Le temps. C'est l'atout que personne d'autre n'a autant. Sur quarante ans, la capitalisation fait plus que le montant : d'après notre simulateur de versements programmés, 100 € par mois pendant quarante ans à 4 % deviennent 102 193 € pour 48 000 € versés. Les mêmes 100 € pendant vingt ans deviennent 34 395 €. Commencer dix ans plus tard ne se rattrape pas en versant un peu plus.

Les compteurs fiscaux. Deux enveloppes gagnent en efficacité avec l'âge du contrat, pas avec l'âge de l'épargnant : l'assurance-vie après huit ans (abattement de 4 600 € de gains par an, taux réduit de 7,5 %), le PEA après cinq ans (plus d'impôt sur le revenu, seulement 18,6 % de prélèvements sociaux). Le compteur court depuis l'ouverture. Ouvrir tôt avec le minimum vaut plus qu'ouvrir tard avec beaucoup.

La tranche marginale. À 0 ou 11 %, les enveloppes de déduction n'ont rien à déduire : le PER, qui rend 11 % à l'entrée pour réimposer à 0 ou 11 % à la sortie, ne sert à rien et bloque l'argent jusqu'à la retraite. La fiscalité des revenus étant faible, ce sont les frais qui font la différence entre un bon et un mauvais placement.

La disponibilité. Un premier emploi peut s'arrêter, un déménagement peut coûter cher. Une part de l'épargne doit rester accessible le jour même, sans frais et sans perte possible.

L'ordre des décisions

  1. Le matelas, sur un livret réglementé. Livret A jusqu'à 22 950 €, LDDS jusqu'à 12 000 €, LEP jusqu'à 10 000 € pour ceux dont les revenus y donnent droit. Le taux est fixé par arrêté et révisé le 1er février et le 1er août ; les intérêts ne supportent ni impôt ni prélèvements sociaux. L'objectif n'est pas de remplir le livret, mais d'y garder de quoi absorber un imprévu sérieux sans toucher au reste.
  2. Ouvrir une assurance-vie, avec le minimum. Le contrat est celui de l'assureur, pas de la banque qui tient le compte courant. Les critères sont ceux du podium : 0 % sur versement, 0 % d'arbitrage, 0,50 à 0,60 % de gestion sur les unités de compte. Linxea Avenir 2 s'ouvre avec 100 € ; Linxea Spirit 2, Lucya Cardif et Placement-direct Vie avec 500 €. Le compteur de huit ans démarre ce jour-là.
  3. Ouvrir un PEA, avec le minimum aussi. Un seul par personne, plafonné à 150 000 € de versements, réservé aux actions et aux fonds européens. Ce sera l'enveloppe des ETF actions gardés vingt ou trente ans : aucun frais de gestion annuel, des frais de courtage plafonnés par décret, et 18,6 % seulement sur les gains après cinq ans. Notre base ne couvre pas les courtiers en bourse ; le critère est le même partout : les frais.
  4. Programmer un versement mensuel sur le contrat. C'est le geste qui fait la différence, parce qu'il ne dépend plus de la volonté. 25 € par mois suffisent sur Linxea Avenir 2, 50 € sur Fortuneo Vie ou BoursoBank Vie, 100 € sur Spirit 2. Le versement se suspend ou se modifie en ligne, sans frais : c'est un ordre permanent, pas un engagement. La répartition entre fonds euros et unités de compte dépend de l'horizon ; notre page sur les ETF en assurance-vie donne des repères.
  5. Laisser le PER et les SCPI pour plus tard. Le PER attend une tranche à 30 %. Les SCPI en direct attendent un capital (5 125 € au minimum chez Iroko Zen, 1 010 € chez Transitions Europe) et un horizon de dix ans au moins pour amortir 12 % de frais d'entrée ou tenir six ans sans pénalité. En assurance-vie, elles restent possibles dès 50 € par ligne sur Spirit 2, mais rien ne presse.

Les pièges

Le contrat de la banque, signé le jour de l'ouverture du compte. Le contrat bancaire type de notre base prélève 2 % sur chaque versement, 0,75 % de gestion et 0,50 % par arbitrage. Sur 200 € par mois pendant vingt ans, ce sont 960 € de frais d'entrée pris sur 240 mensualités, et 3 267 € de capital final en moins face au bon contrat en ligne, d'après notre simulateur.

La gestion pilotée par défaut. À 1,60 % tout compris chez Yomoni Vie contre 0,50 % en gestion libre sur Spirit 2, l'écart est proche d'un point par an pendant quarante ans. Notre duel gestion libre ou pilotée dit pour qui la délégation vaut ce prix : celui qui sait qu'il vendra au pire moment.

Tout laisser sur le livret. Le livret est fait pour l'imprévu, pas pour quarante ans. Au-delà du matelas, chaque euro qui y dort rapporte un taux administré, sans capitalisation à long terme.

Le PER parce qu'un conseiller l'a proposé. À 11 %, la déduction est faible, la sortie est imposée, l'argent est bloqué. L'assurance-vie fait aussi bien sans blocage. Le raisonnement complet est dans le PER, comment ça marche.

Racheter totalement un contrat pour un besoin ponctuel. Le rachat total ferme le contrat et efface son antériorité. Un rachat partiel laisse le compteur tourner ; l'avance permet même d'emprunter à l'assureur sans racheter.

Un exemple chiffré : 100 € par mois

Ce que 100 € par mois deviennent, à 4 % brut par an, à 100 % en unités de compte, d'après notre simulateur de versements programmés, avec les frais réels des contrats de la base :

DuréeVerséLinxea Avenir 2 (0 % / 0,60 %)Fortuneo Vie (0 % / 0,75 %)Contrat bancaire type (2 % / 0,75 %)
20 ans24 000 €34 395 €33 824 €33 148 €
30 ans36 000 €62 597 €60 975 €59 756 €
40 ans48 000 €102 193 €98 527 €96 557 €

Trois lectures. À quarante ans, les intérêts font plus de la moitié du capital : 54 193 € sur 102 193 €. L'écart entre le contrat à 0,60 % et le contrat bancaire type est de 5 636 €, soit plus d'un an de versements, pour un simple choix de contrat au départ. Et passer de 100 à 200 € par mois double le résultat : 204 387 € sur Linxea Avenir 2, 209 457 € sur Linxea Spirit 2 à 0,50 %.

Le taux de 4 % est l'hypothèse commune des simulateurs du site, pas une promesse : les unités de compte présentent un risque de perte en capital, et le résultat réel dépendra des marchés. Ce que le tableau montre de certain, ce sont les frais.

Pour aller plus loin

Le simulateur de versements programmés refait ce calcul avec votre mensualité, votre durée et votre part d'unités de compte, contrat par contrat. Le comparateur de frais fait la même chose pour un versement unique.

Pour passer à l'acte : ouvrir un contrat en ligne, le pas à pas, en ligne ou en banque, et les quatre frais d'une assurance-vie. Le raisonnement général, enveloppe par enveloppe, est dans choisir son enveloppe ; les termes sont définis dans le lexique.

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Vincent Barlet · Rédacteur à Savoir Placer. Épargnant, pas conseiller.

Guide mis à jour le 23 septembre 2026 ; relu à chaque changement de règle ou de grille.

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Questions fréquentes

Combien faut-il pour ouvrir une assurance-vie ?
Dans notre base, 100 € sur Linxea Avenir 2, Fortuneo Vie et Linxea Vie, 300 € sur BoursoBank Vie, 500 € sur Linxea Spirit 2, Lucya Cardif et Placement-direct Vie. Les versements programmés démarrent à 25 € par mois sur Avenir 2, 50 € sur Fortuneo Vie, BoursoBank Vie, Lucya Cardif et Placement-direct Vie, 100 € sur Spirit 2. Aucun de ces contrats ne prélève de frais sur versement : ouvrir avec le minimum ne coûte rien.
Assurance-vie ou PEA en premier ?
Les deux, avec le minimum, parce que leurs avantages dépendent de la date d'ouverture : cinq ans pour le PEA, huit ans pour l'assurance-vie. L'assurance-vie est plus souple (fonds euros, SCPI, arbitrages libres) ; le PEA est plus léger sur les actions européennes à long terme, 18,6 % de prélèvements sociaux seulement après cinq ans, sans frais de gestion annuels.
Faut-il attendre d'avoir un gros montant pour commencer ?
Non, c'est l'inverse : la variable qui pèse le plus est la durée, pas la mensualité. D'après notre simulateur, 100 € par mois pendant quarante ans deviennent 102 193 € sur un contrat à 0,60 % de frais, pour 48 000 € versés. Les mêmes 100 € pendant vingt ans en font 34 395 €. Le montant se relève plus tard ; la date d'ouverture, elle, ne se rattrape pas.