Sortir de son PER en capital ou en rente : le calcul
À la retraite, le plan d'épargne retraite (PER) se débloque en capital, en rente viagère, ou les deux. Le choix se fait au moment de la sortie, pas à l'ouverture. La fiscalité dépend de ce choix et du fait que vos versements ont été déduits ou non. Voici les règles de 2026, un exemple complet en une fois et en dix ans, et la méthode pour juger une rente.
Ce guide porte sur le PER individuel et sur les sommes issues de vos versements volontaires, le cas le plus fréquent. Les règles viennent de service-public.gouv.fr et de la doctrine fiscale publiée au Bulletin officiel des finances publiques (Bofip), relues le 24 septembre 2026. Les exemples décrivent des situations types, pas un conseil adapté à la vôtre.
Un changement de 2026 compte pour tous les calculs ci-dessous. Selon service-public.gouv.fr, le taux des prélèvements sociaux applicable aux sorties du PER est passé de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026, en capital comme en rente. C'est le taux retenu dans ce guide.
Quand pouvez-vous sortir
Le PER se débloque au plus tôt à la date à laquelle vous obtenez votre pension de retraite, ou à l'âge légal de départ à la retraite (service-public.gouv.fr, fiche F36526).
Rien ne vous oblige à sortir à cette date. Vous pouvez garder votre PER après la retraite, et continuer à le laisser investi.
Le choix entre capital et rente se fait au moment du déblocage. Le capital peut être versé en une seule fois ou en plusieurs fois. Vous pouvez aussi combiner capital et rente.
Une exception concerne les versements obligatoires, ceux d'un PER d'entreprise alimenté par des cotisations obligatoires. Ils sortent uniquement en rente. Si cette rente ne dépasse pas 110 € par mois, elle peut être convertie en capital (service-public.gouv.fr, fiche F36526).
Ce que contient votre PER au moment de sortir
Pour les versements volontaires, votre épargne se compose de deux parts.
- Les versements, c'est-à-dire l'argent que vous avez placé. Ils ont été soit déduits de votre revenu imposable, soit non déduits si vous avez renoncé à la déduction.
- Les gains, produits par le placement de ces versements.
La fiscalité de la sortie traite chaque part différemment. Avant de choisir, demandez à votre assureur ces trois montants : versements déduits, versements non déduits, gains. Ils conditionnent tout le calcul.
La sortie en capital : ce qui est imposé
Pour les versements déduits (Bofip, annexe BOI-ANNX-000513) :
- la part de versements est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % des pensions ;
- la part de gains est imposée au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, ou sur option au barème, plus les prélèvements sociaux.
Pour les versements non déduits :
- la part de versements est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ;
- la part de gains est imposée comme ci-dessus.
En 2026, le PFU sur les gains atteint donc 12,8 % + 18,6 % = 31,4 % (service-public.gouv.fr).
Le barème progressif s'applique par part de quotient familial. Pour les revenus de 2025, déclarés en 2026, il est le suivant (service-public.gouv.fr, fiche F1419) :
| Revenu imposable par part | Taux |
|---|---|
| jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| de 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| de 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| de 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| au-delà de 181 917 € | 45 % |
n.c. : non communiqué par le produit
Le taux qui s'applique à votre dernier euro de revenu s'appelle la tranche marginale d'imposition (TMI). C'est elle qui mesure le coût d'une sortie de versements déduits.
Exemple : tout sortir en une fois
Prenons une personne seule, retraitée, avec 35 000 € de revenu imposable de pensions. Son PER vaut 100 000 €, dont 80 000 € de versements déduits et 20 000 € de gains. Les calculs ignorent la décote et les réductions d'impôt, et utilisent le barème ci-dessus.
Impôt sans sortie du PER, sur 35 000 € :
- Tranche à 11 % : (29 579 € − 11 600 €) × 11 % = 1 977,69 €.
- Tranche à 30 % : (35 000 € − 29 579 €) × 30 % = 1 626,30 €.
- Total : 3 604 €.
Impôt avec une sortie en une fois. Les 80 000 € de versements s'ajoutent au revenu, qui passe à 115 000 €.
- Tranche à 11 % : 1 977,69 €.
- Tranche à 30 % : (84 577 € − 29 579 €) × 30 % = 16 499,40 €.
- Tranche à 41 % : (115 000 € − 84 577 €) × 41 % = 12 473,43 €.
- Total : 30 951 €, soit 27 347 € de plus que sans la sortie.
Les gains : 20 000 € × 31,4 % = 6 280 €.
Coût total de la sortie : 27 347 € + 6 280 € = 33 627 €. Net perçu : 66 373 € sur 100 000 €.
Avec vos chiffresSimulateur PERCe guide explique le mécanisme ; le simulateur le chiffre avec vos montants, et montre chaque étape.Ouvrir le simulateurExemple : fractionner sur dix ans
Même personne, même PER, mais un retrait de 10 000 € par an pendant dix ans.
Chaque retrait contient une part de versements et une part de gains, au prorata du plan. La doctrine fiscale donne la formule de la part de gains (Bofip, BOI-RSA-PENS-30-10-20) : retrait × (1 − versements restants ÷ valeur du plan). Ici, 10 000 € × (1 − 80 000 € ÷ 100 000 €) = 2 000 € de gains et 8 000 € de versements.
Chaque année :
- Revenu imposable : 35 000 € + 8 000 € = 43 000 €. Il reste dans la tranche à 30 %.
- Impôt supplémentaire sur les versements : 8 000 € × 30 % = 2 400 €.
- Gains : 2 000 € × 31,4 % = 628 €.
- Total : 3 028 € par an, soit 30 280 € sur dix ans.
L'économie par rapport à une sortie en une fois est de 3 347 €. Elle vient d'une seule source : les 30 423 € qui, en une fois, tombaient dans la tranche à 41 % restent à 30 % quand on fractionne.
Trois précisions pour lire cet exemple.
- Le plan continue d'être investi. Le calcul suppose, par simplicité, une valeur stable. En réalité, le capital restant continue de varier, à la hausse comme à la baisse, et la part de gains de chaque retrait évolue.
- Le gain du fractionnement dépend de votre TMI. Il est d'autant plus fort qu'une sortie en une fois vous ferait changer de tranche. Pour un retraité dont le revenu est dans la tranche à 11 %, une sortie en une fois peut faire passer une grande partie des versements à 30 % ou 41 %.
- Le barème change chaque année. Les montants ci-dessus utilisent celui des revenus de 2025.
La sortie en rente : ce qui est imposé
Une rente viagère est un revenu versé jusqu'à votre décès. Sa fiscalité dépend, là encore, de la déduction des versements (service-public.gouv.fr, fiche F36526).
Rente issue de versements déduits. Elle est imposée comme une pension de retraite, après l'abattement de 10 %. Cet abattement est plafonné pour l'ensemble du foyer : 4 439 € sur les revenus de 2025 (service-public.gouv.fr, fiche F415). Si vos pensions atteignent déjà ce plafond, la rente n'en profite pas.
Rente issue de versements non déduits. Elle est imposée comme une rente viagère à titre onéreux. Seule une fraction entre dans le revenu imposable, selon votre âge au premier versement de la rente :
| Âge au premier versement de la rente | Fraction imposable |
|---|---|
| moins de 50 ans | 70 % |
| de 50 à 59 ans | 50 % |
| de 60 à 69 ans | 40 % |
| plus de 69 ans | 30 % |
n.c. : non communiqué par le produit
Les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent, dans les deux cas, à la fraction de la rente qui dépend de l'âge, selon le même tableau.
Exemple : une rente de 6 000 € par an, dont le premier versement intervient à 64 ans, pour une personne à 30 % de TMI dont les pensions n'atteignent pas le plafond de l'abattement.
- Versements déduits : impôt sur le revenu de 6 000 € × 90 % × 30 % = 1 620 € ; prélèvements sociaux de 6 000 € × 40 % × 18,6 % = 446 €. Total : 2 066 € par an.
- Versements non déduits : impôt sur le revenu de 6 000 € × 40 % × 30 % = 720 € ; prélèvements sociaux de 446 €. Total : 1 166 € par an.
Ce que vaut une rente : la méthode
Le montant de la rente dépend de l'assureur. Il le calcule à partir de votre âge, de ses hypothèses d'espérance de vie et des options choisies. Demandez-lui une proposition écrite avant de décider.
Trois questions permettent de la juger.
- Combien d'années pour récupérer le capital ? Divisez le capital converti par la rente annuelle nette d'impôt. Si le résultat dépasse votre espérance de vie raisonnable, la rente est surtout une assurance contre une vie très longue.
- Quelles options sont proposées, et à quel prix ? Une rente peut prévoir une réversion au conjoint après votre décès, ou un nombre minimal d'annuités versées quoi qu'il arrive. Chaque option réduit le montant de la rente.
- Qu'est-ce que je perds ? Une fois la rente mise en place, le capital n'est plus disponible. Sans option de réversion ou d'annuités garanties, il n'est rien transmis au décès.
La rente protège contre un risque précis : vivre plus longtemps que prévu avec une épargne épuisée. Le capital protège contre un autre : avoir besoin d'une somme importante, ou vouloir transmettre.
Le mélange capital et rente
Rien n'oblige à choisir une seule forme. Un schéma fréquent consiste à couvrir un plancher de dépenses fixes par une rente, et à garder le reste en capital, retiré au fil des besoins.
Exemple de raisonnement, sans montant de rente supposé : un retraité calcule l'écart entre ses dépenses incompressibles et ses pensions. Il demande à l'assureur quel capital il faudrait convertir pour obtenir une rente qui comble cet écart. Le reste du PER sort en capital fractionné, sur plusieurs années.
Et si vous ne sortez pas
Le PER peut rester investi après la retraite. En cas de décès, un PER souscrit sous forme d'assurance suit la fiscalité de l'assurance-vie : pour les versements effectués avant 70 ans, 152 500 € exonérés par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %. Pour les versements après 70 ans, les droits de succession s'appliquent après un abattement global de 30 500 € (service-public.gouv.fr, fiche F36526).
Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu (service-public.gouv.fr, actualité du 29 avril 2026).
Choisir selon votre profil
Voici comment le raisonnement change d'un profil à l'autre.
- Un retraité dont la TMI est basse et stable a intérêt à étaler les sorties de versements déduits pour ne pas changer de tranche.
- Un retraité qui a surtout fait des versements non déduits paie peu à la sortie en capital : seuls les gains sont imposés. Le fractionnement compte moins pour lui.
- Une personne sans autre revenu garanti que ses pensions, inquiète de vivre longtemps, peut regarder la rente pour une partie de son épargne.
- Une personne qui veut transmettre conserve plutôt son capital, retiré au fil des besoins ou laissé dans le plan.
Le pas à pas au moment de la retraite
- Demandez à l'assureur un relevé détaillé : versements déduits, versements non déduits, gains, et compartiments.
- Calculez votre TMI de retraite à partir de vos pensions prévues. Votre avis d'impôt de la dernière année d'activité ne suffit pas.
- Simulez une sortie en une fois et un fractionnement, avec le barème ci-dessus.
- Demandez une proposition de rente écrite, avec et sans réversion.
- Programmez les retraits en tenant compte de l'année civile : chaque retrait s'ajoute aux revenus de l'année où il est versé.
- Adressez la demande de déblocage à l'assureur, avec le justificatif qu'il demande pour la retraite.
Les erreurs les plus coûteuses
- Tout sortir l'année du départ. Cette année-là cumule souvent les derniers salaires, les premières pensions et le capital du PER.
- Oublier la distinction déduit, non déduit. Des versements non déduits ressortent sans impôt ; il serait dommage de les traiter comme les autres.
- Juger une rente sans calculer le nombre d'années pour récupérer le capital.
- Transformer en rente la totalité du PER alors qu'une réserve de capital sera nécessaire pour un imprévu.
- Oublier les prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains en capital et sur la fraction imposable des rentes.
Pour aller plus loin
Le simulateur PER calcule l'économie d'impôt à l'entrée et modélise une sortie en capital en une fois, le cas le plus défavorable. Le guide le PER, comment ça marche explique la déduction et les plafonds. Le classement des PER compare les plans en ligne, et le guide transférer son PER explique comment quitter un plan trop cher avant la retraite. Les sigles sont définis dans le lexique.
Sources
Textes consultés le 24 septembre 2026.
- Service-public.gouv.fr, fiche F36526 (PER individuel) — Date de déblocage, choix entre capital et rente au déblocage, fiscalité de la sortie en capital et en rente, fractions selon l'âge, décès, prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026.
- Service-public.gouv.fr, fiche F36526 (PER d'entreprise obligatoire) — Sortie en rente des versements obligatoires, conversion en capital d'une rente de 110 € par mois au plus.
- Service-public.gouv.fr, actualité A18841 du 29 avril 2026 — Prélèvements sociaux du PER portés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026, fin de la déductibilité des versements à partir de 70 ans.
- Bofip, BOI-ANNX-000513 — Synthèse du régime fiscal des PER : versements déduits au barème sans abattement de 10 %, gains au prélèvement forfaitaire ou au barème, rentes.
- Bofip, BOI-RSA-PENS-30-10-20 — Sortie en capital fractionnée : formule de répartition entre versements et produits, exemple.
- Service-public.gouv.fr, fiche F1419 — Barème de l'impôt sur le revenu 2026, revenus de 2025.
- Service-public.gouv.fr, fiche F415 — Abattement de 10 % sur les pensions, plafond de 4 439 € par foyer sur les revenus de 2025.
Questions fréquentes
Peut-on changer d'avis après avoir choisi la rente ?
Faut-il sortir dès l'âge légal de départ ?
Le fractionnement est-il toujours gagnant ?
Qu'en est-il du déblocage anticipé ?

Vincent Albert · Rédacteur à Savoir Placer. Épargnant, pas conseiller.
Guide mis à jour le 25 septembre 2026 ; relu à chaque changement de règle ou de grille tarifaire.
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Vincent Albert a cofondé en 2013 HAVA3D, une entreprise d'impression 3D du Mans. Il l'a dirigée jusqu'à sa cession au fonds APICAP, en 2019. Notre méthode.
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